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Les écrans, un obstacle à la relation ?

11 octobre 2019

[Temps de lecture : 11 mn]

Parlons peu, parlons bien. Ou pas. Les écrans sont vraiment les bêtes noires de notre société. Partout où on est, ils sont là, et partout où on va, ils nous sont présentés comme une menace, un grand danger. On en oublierait presque les additifs alimentaires cancérigènes et le glyphosate ou encore la non adéquation du système scolaire aux enfants d’aujourd’hui. Allez, ne vous fâchez pas de mon ironie, ne partez pas tout de suite !

Il y a deux ans, j’écrivais un article très complet sur mes réflexions au sujet des Écrans, à lire ici. Voici le retour du come back, sous un angle un peu différent.

Je vois passer des photos sur les réseaux sociaux sur lesquelles on a « retiré grâce à un logiciel de retouche » le téléphone des mains des modèles, et où chacun du coup a l’air ridicule, à fixer sa main en tournant le dos à l’autre.

La conclusion surgit rapidement : « Mon Dieu regardez où on en est arrivé ! On ne communique plus avec la personne qui nous est chère ! »

Petite remarque, en premier lieu : et si on faisait le même montage en supprimant la voiture, par exemple, ne serions-nous pas aussi ridicules de fixer l’horizon côte à côte assis sur de l’air sans parler ?

Ce n’est pas parce que vous voyez deux amoureux à la table d’un restaurant ne s’adressant pas la parole, yeux rivés sur leurs écrans, qu’ils n’ont pas passé toute la semaine à discuter comme des malades et échanger comme des oufs et qu’ils n’ont pas une relation richissime de dingue bien plus profonde que la nôtre. Peut-être qu’ils sont en train de régler par message les derniers détails de l’enterrement d’un de leurs proches, peut-être qu’ils soutiennent une personne déprimée sur les réseaux sociaux, peut-être qu’ils sont en lien avec leur enfant qui pleure de la séparation. J’étais de ces gens qui jugeaient en observant tout le monde, jusqu’à ce que j’arrête de « faire semblant en public » pour juste « être moi-même » (un long et immense travail). Du coup je me suis dit que probablement d’autres personnes étaient juste naturelles en public sans chercher à donner bonne figure, elles non plus.

« Les écrans, un obstacle à la relation ? » C’est bientôt la « semaine de la parentalité » et j’ai reçu dans ma boîte mail toutes les dates de rencontres-ateliers-débats-conférences destinés au grand public autour de cette interrogation. On comprend bien au vu des divers intitulés des animations, qu’il ne s’agit pas de répondre « non » à la question.

Je vois plus d’inquiétude dans la parentalité au sujet des écrans qu’au sujet d’acquérir des outils pour mieux communiquer en famille.

Qu’est-ce qui empêche une bonne relation en famille : ne pas savoir comment entretenir cette relation, ou un objet qui capte l’attention ?

Ne pensez-vous pas que cette histoire pourrait être l’arbre qui cache la forêt, le leurre pour ne pas s’atteler à ce qui pourrait changer en profondeur les relations sociales ?

Peut-être que je raisonne à l’envers, mais il me semble qu’une communication claire et respectueuse serait la base dans la parentalité. Or elle n’est pas enseignée à l’école, et n’est souvent pas même évoquée comme nécessaire auprès des parents. Parfois quelques personnes décident de se former par elles-mêmes pour l’acquisition d’outils… Mais ils sont où les grands regroupements autour de la communication ? On en voit tant autour des méthodes pour faire obéir les enfants de manière bienveillante !

Et pourtant, comment construire tous ensemble un système équilibré dans lequel chacun se sentirait utile, considéré, actif, acteur, si le quotidien familial est bourré de malentendus, de lectures de pensée, de déductions foireuses, de fausses interprétations, d’ordres et d’injonctions, de contrôle sur les actes de l’autre… ?

Et comment arriver à un système équilibré sans se connaître soi-même, ni savoir comment entrer en lien avec l’autre ?

Dans beaucoup de familles on rencontre ces grandes détresses : « notre enfant a commencé à utiliser les écrans et depuis il s’était mis à piquer des crises de colère, c’était invivable, alors on les lui a supprimés, mais il a fallu un sacré temps pour que ça revienne à la normale. »

Franchement, si les « écrans » n’étaient que des écrans, c’est-à-dire une zone plate sur laquelle il est possible de projeter quelque chose, votre enfant ne serait pas attiré, vous le savez bien. Il est donc communément admis que ce qui l’intéresse ce sont les milliards de possibilités qui s’y trouvent, et ça, souvent les parents l’oublient : ils pensent que dix minutes d’accès est suffisant pour contenter leur petit. Et ils s’étonnent des crises quand ils ordonnent d’arrêter.

C’est un peu comme si votre enfant venait de découvrir un coffre au trésor rempli de centaines de pierres précieuses aux facettes éblouissantes, de pièces étincelantes aux inscriptions intrigantes, de perles fascinantes aux nuances mordorées, de lingots d’or lisses à la couleur chaleureuse, et que vous lui disiez, « ok tu l’entrouvres juste 4 mn 30, c’est pour te faire plaisir hein, parce que je suis sympa et que je prends en compte tes envies, et après tu le fermes, on est bien d’accord, c’est fini jusqu’à dimanche prochain. »

L’enfant vous dira « oui oui ! » car il ne veut pas passer à côté de cette occasion. Mais lorsqu’il se rend compte qu’il n’a le temps que d’attraper du bout de ses petits doigts une piécette, pensez-vous que sa crise de colère proviendra du fait d’avoir été en contact avec cet objet, ou d’avoir été contraint de repousser à plus tard et au compte-goutte, son attirance pour la découverte et l’exploration des milliers d’éléments passionnants que ce coffre contient ?

Oh je vous entends d’ici répondre : « Voilà, mieux vaut ne jamais lui présenter le coffre au trésor ! Comme ça au moins, pas de tentation… »

Est-ce que réellement vous pensez que c’est légitime de couper une personne qui n’est pas vous-même, de la possibilité de se remplir de joie et d’enthousiasme à la découverte de quelque chose de passionnant, sous prétexte qu’elle risque d’y prendre goût ?

Pourquoi faudrait-il fuir ce qui est digne d’intérêt ? Ne pouvons-nous pas emplir nos vies de passion ? Faut-il rester tiède, modéré ?

D’ailleurs souvent notre réflexe de parent est de proposer tout plein de choses, de varier les activités, il est recommandé tacitement que l’enfant ne se plonge pas dans quelque chose de prenant trop longtemps. « Il faut » sortir, « il faut » s’aérer un peu, ou à l’inverse « allez il faut » rentrer, « allez, t’en as assez fait, il faut bien s’arrêter ! »… Quand l’enfant a-t-il le droit et le temps de se plonger profondément dans ce qui lui plaît jusqu’à plus soif ? Et nous nous plaignons ensuite que notre enfant n’a pas le goût de l’effort, ne persévère pas.

Nous n’explorons pas forcément une activité en un jour… il va souvent falloir plusieurs jours pour ça, parfois plusieurs mois, parfois-même plusieurs années ! Moi-même et mon entourage fonctionnons ainsi : nous nous passionnons pour des centres d’intérêts qui nous prennent tout le temps qu’on veut y consacrer, et quand on en a fait le tour, ou qu’on en découvre un autre encore plus passionnant, on le délaisse naturellement. Je ne suis pas sûre que la plupart des enfants aient naturellement envie de faire autrement. L’école met en place les « emplois du temps » qui permettent en effet de revenir régulièrement sur une activité qui est en cours de découverte, mais le but reste toujours d’en faire « juste un peu » et d’y revenir plus tard. Je trouve ça hyper frustrant, quant à moi, pas vous ?

Je me demande ce que j’aurais pu faire de constructif si je m’étais restreinte dans mes recherches et réflexions au sujet de la parentalité. Je me demande si les scientifiques auraient fait leurs découvertes s’ils avaient dû changer régulièrement d’activité parce qu’il faut bien faire un peu de tout. Ou si les dessinateurs améliorent leur technique s’ils n’ont que vingt minutes à y consacrer. Ou encore si les sportifs de haut niveau pourraient l’être s’ils ne se consacraient à leur sport qu’une à deux fois par semaine.

Mais certes, les enfants ne sont pas là pour faire ce qu’ils veulent il paraît : on verra quand ils seront grands, quand ils auront un boulot. Tant que c’est de la peinture ou des puzzles, encore ça passe. Mais si l’enfant a pour centre d’intérêt d’explorer de fond en comble les possibilités d’un jeu vidéo, il se voit contraint de se modérer et de dessiner ou lire un peu, ou même de s’ennuyer. Moi j’y vois un frein à son développement.

Car le développement individuel n’a à mon avis pas besoin d’un guide extérieur pour advenir, mais d’une forte connexion à nos propres centres d’intérêt et ce qui nous fait vibrer.

Nous ne sommes pas tous destinés à faire la même chose dans notre vie, pourquoi donc voulons-nous construire des rails universels que les enfants devraient suivre ? C’est cela que nous appelons « donner sa chance à tous »… Si on se basait plutôt sur ce qui émerge naturellement des envies de l’enfant ?

« -Oui okkkk, mais bon les écrans, tout de même… c’est pas pareil ! On va pas les laisser devant toute la journée, c’est pas bon pour eux, et on ne vit plus rien en famille ! »

Revenons à notre coffre au trésor : est-ce que ce serait légitime pour vous, coincés en famille sur une île déserte, de choisir de cacher aux autres membres du groupe l’existence du coffre au trésor que vous avez trouvé, sous prétexte qu’un de vos proches risquerait de se couper de vous en passant toutes ses journées à le fouiller ? Oui c’était bien de construire des cabanes de survie ensemble, d’aller ramasser les noix de coco en petite troupe, de découvrir comment sculpter des outils pour décortiquer les coquillages en utilisant l’intelligence collective.

Mais je crois que la métaphore vous portera peut-être plutôt à répondre en chœur à ma question : « Ben on aura qu’à se mettre tous ensemble à fouiller le coffre au trésor et on passera un super moment ! »

Je crois qu’une des réticences de certains parents réside dans le fait de ne pas avoir en commun le centre d’intérêt « informatique » avec leur enfant. Je pense qu’un parent geek féru de jeux vidéos pourra passer la journée entière avec son enfant à enchaîner les parties déchaînées dans la joie et la bonne humeur, sans obtenir in fine ni claquements de portes, ni colères hystériques, ni hurlements d’écorchés vifs. Ce parent pense-t-il qu’utiliser les écrans porte préjudice aux relations familiales ? A-t-il l’impression que les écrans énervent ?

Il me semble que notre génération un peu entre deux eaux, pour qui l’expansion des medium informatiques est arrivée au milieu de sa vie, est tentée de laisser ses enfants découvrir tout cela, parce que l’époque le veut, mais n’est pas prête encore à leur faire confiance.

Mais, enfin, et les dangers ? ! Ah oui les dangers…

J’ai reçu de la Caisse d’allocations familiales dernièrement une proposition d’aide financière pour offrir à mon enfant un ordinateur, les collèges ont introduit les livres en accès numérique via le portable des jeunes, dans les rues et galeries marchandes se déploient d’immenses écrans publicitaires, même les agents administratifs peu à l’aise sont obligés de suivre des formations pour utiliser obligatoirement ces fameux écrans, beaucoup de services officiels sont désormais accessibles uniquement en ligne, les cabines téléphoniques ont disparu, les « hôtes de caisse » des supermarchés sont remplacés par des écrans tactiles, les consoles et télés envahissent toujours les centres commerciaux à Noël, les aires de jeux pour enfants présentent des dessins animés qui défilent en boucle, et les gadgets numériques pour les petits foisonnent.

Et en parallèle, nous sommes littéralement bombardés quotidiennement d’articles, d’émissions télé, de reportages et d’études sur les « dangers des écrans ». Il y a même, à l’école, une réunion obligatoire pour les enfants sur ce sujet, et une autre pour leurs parents. Pourquoi ne sont pas organisées aussi des réunions sur les dangers pour la santé des produits laitiers, ou sur ceux de la surconsommation de viande ? Pourtant il semblerait qu’il y ait des études scientifiques à ce sujet aussi. Mais non, les produits laitiers continuent à être vantés partout, eux, en ne laissant pas la parole aux éventuelles preuves qu’ils pourraient être nocifs pour le corps…

Du coup, vraiment je me pose la question depuis quelques temps : il est si facile pour un gouvernement de faire taire ce qu’il n’a pas envie qu’on entende, alors pourquoi se tire-t-il économiquement une balle dans le pied en ressassant aux parents de « faire attention avec les écrans » ? Ça me paraît illogique… Est-ce que le but serait d’éloigner les générations futures de l’accès à l’information et la connaissance mondiales rapides et gratuites ?

A qui profite donc cet acharnement dans la lutte entre consommer en masse des écrans et les réguler ?

J’en viens à me questionner si « tirer la sonnette d’alarme » n’est pas plus profitable économiquement, à qui, comment, pourquoi, je n’en sais rien. Est-ce que, l’envie étant partout, les grandes firmes penseraient que le fait de déconseiller voire interdire, permettrait au contraire de consommer plus encore en cachette, surtout lorsque la cible commerciale ce sont les parents qui« cèdent » souvent aux enfants par gentillesse ? Car combien de parents sont vraiment honnêtes lorsqu’ils avouent le nombre d’heures passées par leurs enfants devant les écrans (comme le fameux « si si mon petit faisait ses nuits à la sortie de la maternité ! ») ? Les ventes de consoles baissent-elles depuis la diffusion en masse des soit-disant dangers des écrans ? Pas sûr.

Vous me direz qu’au contraire l’État prend soin de notre santé. Hum. Tout comme quand il nous fournit des anti dépresseurs gratuitement là où les soignants aux approches naturelles ne sont pas remboursés ? Je n’aime pas les théories de conspiration, c’est pour cela que j’ai besoin de comprendre d’où viennent ces « propagandes » à deux vitesses, en sens inverse, qui tiennent tellement le devant de la scène.

Lorsque nous craignons que notre enfant soit coupé de la relation à ses parents par l’utilisation des écrans, nous oublions à mon avis plusieurs choses :

-Nul objet ou situation ne peut vraiment couper une relation, si les personnes qui y sont impliquées savent communiquer pour en prendre soin. Le relationnel peut être de grande qualité quel que soit l’objet placé au milieu de la relation.

-La relation est importante pour nous parents, qui avons désiré avoir des enfants mais est-il obligatoire qu’elle soit importante aussi pour nos enfants qui n’ont peut-être pas choisi de venir au monde dans cette famille, du moins consciemment ?

-Certaines personnes sont introverties et la relation pour elles est moins nourrissante que le remplissage de leur monde intérieur. Nous ne sommes pas câblés pareil et nous sommes tous légitimes dans ce que nous sommes, sans pour autant qu’on ne doive chercher à nous faire changer de force nos préférences en suivant le principe du « c’est mieux ainsi et pas autrement ».

Peut-être que lorsque nous dénonçons ce déficit relationnel à cause des écrans, ça pourrait être parfois parce que nous ne sommes pas nourris dans nos propres attentes de parents : nous souhaiterions que nos enfants continuent à faire de la peinture parce qu’ils sont tout mignons avec leurs mains tachées et leur petit tablier, nous souhaiterions qu’ils continuent à jouer au foot avec nous parce que ça correspond à notre vision idéale de la relation parent-enfant, nous souhaiterions qu’ils continuent à aller faire du vélo dehors parce que notre vie à nous est plus belle au contact de la nature en compagnie des gens qu’on aime, ou encore, parce que c’est ça « être un bon parent », dans la croyance collective.

Du coup on supprime ce qui met notre enfant à distance de nous, plutôt que de l’y rejoindre.

Il est plus facile d’emmener les gens dans notre propre monde que d’aller les y retrouver, vous avez remarqué ? Et quand en plus on est persuadé que notre monde est le seul qui est totalement légitime parce qu’il est basé sur le bon sens/la science/la santé/ce qu’on a toujours fait/nos croyances… nous oublions que le monde de l’autre est totalement légitime lui aussi, car il correspond exactement à la personne qui le porte (à lire aussi : La carte du monde). Et nous oublions que nos deux mondes peuvent cohabiter en trouvant de nouvelles solutions pour se rejoindre quand l’envie s’en fait sentir.

Alors on préférera interdire à notre enfant ce qu’il aime le plus, et le garder tout contre nous, peut-être un peu égoïstement.

« Contre », oui en effet : la rancœur monte en l’enfant, qui est frustré qu’on lui supprime ce qu’il a choisi comme bon pour lui avec toutes ses raisons personnelles légitimes, et en colère qu’on lui impose une vision qui n’est pas la sienne.

Et on dit « mon enfant est énervé après avoir joué aux jeux vidéos » : on ne distingue pas la rébellion suite à une injustice et l’excitation joyeuse qu’un jeu stimulant peu avoir déclenchée.

Si votre enfant revient de son activité sportive surexcité, prenez-vous la décision de ne plus l’y mettre ? Ou alors vous faites en sorte que le repas soit prêt et qu’il puisse se coucher tôt pour se reposer, ou encore vous le prenez contre vous pour lui faire un massage relaxant et vous l’écoutez sur ce qu’il a adoré y faire, en lui rappelant avec joie qu’il y retournera bientôt ?

J’ai vraiment la sensation que le manque d’outils pour communiquer porte à se sentir en insécurité face à l’autre, surtout notre enfant, qui est réputé comme étant incontrôlable si on ne le « cadre » pas. Ne suffit-il pas, si votre compagnon passe beaucoup de temps enfermé et que vous avez envie de sortir avec lui, de simplement le lui dire et qu’il tienne compte aussi de votre besoin parce qu’il vous aime ? Il est fort probable que votre enfant vous aime, et le manifeste encore plus si vous respectez ses choix et qu’il se sent libre d’être qui il est.

A-t-on le droit de choisir l’activité des gens qu’on aime, quel que soit leur âge ? Ou suffit-il de dire quand nous ne sommes pas comblés nous-mêmes à cause de cette activité, pour qu’une solution soit trouvée ?

Au lieu de contrôler et doser l’activité de son prochain, cela peut suffire d’être clair sur nos propres ressentis et de les communiquer, sans avoir d’exigences pour autant. Et la magie s’opère souvent, très souvent : on est entendu et certaines choses changent d’elles-mêmes. Mais autant un couple a besoin d’entretenir la relation pour perdurer donc fera tout pour ça, autant un enfant n’a pas cet intérêt réellement (voir à ce sujet ma vidéo : Mon ado n’aime pas être avec nous ). Néanmoins voir sa maman triste chaque jour parce qu’elle ne partage plus de moments avec lui peut l’amener à prendre des décisions et faire des choix différents de ceux qui lui paraissaient prioritaires auparavant. Oui, même petit. Pour peu qu’il y ait de la transparence sincère sur nos émotions et pas du chantage affectif.

Nous sommes tellement persuadés qu’un bon parent doit contrôler, cadrer, guider, maîtriser, remettre sans cesse dans le droit chemin, un chemin fait de nos propres croyances finalement, que nous vivons en famille en tension quotidienne.

Si vous saviez le relâchement délicieux que c’est lorsqu’on décide de vivre tous ensemble sans rien imposer à l’autre, quel que soit son âge, en partageant simplement qui on est, nos propres croyances, notre propre expérience de vie, nos impressions, nos émotions, en étant curieux de l’autre et en lui laissant sa liberté sur sa vie… tout en étant à disposition pour étudier ensemble les problématiques lorsqu’elles se présentent, sur demande, pour que chacun se sente en sécurité, aimé, entouré, conseillé s’il le souhaite !

Je vous souhaite de décider de choisir ce relâchement, qui nécessite des connaissances en outils de communication pour pouvoir vous respecter vous-mêmes et les autres, certes, mais les compétences se forgeront surtout autour de ce qui va découler de vos réflexions suite à cette simple question : ai-je le droit de choisir ses centres d’intérêt à la place de mon enfant ?

Vidéos à voir :

“L’addiction aux écrans… ou la peur des parents.”

“Et si les écrans servaient de nounou ponctuelle ?”

A lire aussi : “Et si les écrans faisaient du bien à nos enfants ?”

EM

  1. Bonjour,

    Il y a beaucoup de vrai dans votre article et je vous rejoins sur le fait qu’il pourrait parfois être utile de laisser l’enfant explorer davantage ce qu’il aime et que, nous parents, pourrions aussi être ensemble, avec lui, autour d’un jeu vidéo..
    Mais pour moi, l’être humain est un « animal social » pour qui le contact avec l’extérieur est primordial et les écrans ne favorisent pas vraiment cela. Par ailleurs, les enfants sont scotchés aux écrans qui leurs procurent des émotions, mais il est scientifiquement prouvé que le cerveau de l’enfant ne lui permet pas de canaliser ses émotions. Jusqu’à 25 ans notre cerveau serait en construction ! De ce fait, n’est-ce pas aux parents de réguler ces flots d’informations et d’émotions. Certains jeux vidéos, que je pense réellement néfastes, les enferment dans un « monde irréel » : je suis profondément choqué quand des enfants de 10 ans veulent jouer à « qui décide de tuer qui » !
    Enfin, arrivez-vous vraiment à faire une activité jusqu’à « plus soif » ? Perso : non. Avec la vie professionnelle, la maison à gérer, les enfants à accompagner, ce n’est pas possible. Par contre, quel bonheur quand j’arrive à me prendre 30 minutes dans la semaine pour moi ! En parlant autour de moi, je m’aperçois que nous sommes tous pareils. Alors la question est : en régulant les activités de nos enfants (notamment les écrans), est ce que nous ne les aidons pas à devenir des adultes qui sauront gérer leur frustrations, des adultes aux multiples centres d’intérêt qui sauront trouver la satisfaction et le bonheur dans une multitude d’activités ?

  2. Merci !!! Comme d’hab tu as les bons mots et es bonnes phrases… Je partage… (en croisant els doigts pour que les sceptiques lisent 😁)
    Besos !!

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